Affiches à l’affiche

stopminaretsBien évidemment, les affiches de l’UDC sont depuis longtemps maintenant des chefs-d’œuvre de provocation malsaine. Des affiches qui essaient, et souvent réussissent, à emporter une partie de la population dans le tourbillon pervers du racisme, de l’exclusion, de l’intolérance et de la haine.

Dans la campagne pour l’initiative visant à interdire la construction de minarets en Suisse, l’UDC, qui ne l’aurait pas lancée, mais qui, bien évidemment la soutient, a sorti l’artillerie lourde habituelle : dessins simplistes, évocateurs, percutants efficaces.

Rien de nouveau sous le soleil voilé par les volutes nauséabondes udcéiennes de ce début d’automne : comme le dit très justement un publiciste dans Le Temps «c’est de l’islam de comptoir». Cette simplification à outrance de la publicité politique est une constante dans les partis populistes et l’UDC n’y échappe pas. Au contraire, elle y excelle et elle cultive cette compétence qui semble bien être la seule qu’elle possède.

La seule … pas vraiment. Il y a un autre domaine dans lequel l’UDC brille, c’est celui de la victimisation. Une victimisation qui lui permet de hurler à l’injustice, de se poser en martyr, en souffre-douleur de la politique en général et des autres partis en particuliers.

C’est ainsi que l’UDC grignote plus ou moins efficacement un électorat qui, souvent à juste titre, se reconnaît dans ce rôle de bouc émissaire et se sent délaissé par ce qu’il est convenu d’appeler la «classe politique».

C’est dans ce contexte qu’il faut examiner l’interdiction de l’affiche anti-minarets à Bâle, à Lausanne et, peut-être, bientôt ailleurs.

Oui, cette affiche est immonde, oui, elle est raciste, oui, elle est à vomir. Mais son interdiction va la rendre terriblement fascinante parce qu’elle et ses géniteurs vont se poser en victimes des autorités. On ne la verra pas dans les rues, mais on en parlera et on la verra dans la presse. C’est une affiche qui va marquer et en cela l’UDC a d’ores et déjà réussi son coup.

La seule question qui se pose et à laquelle je n’ai aucune réponse : l’interdiction de cette saleté va-t-elle apporter des voix à la cause qu’elle entend défendre ? Si oui combien et quels sont les risques qu’une telle initiative aboutisse ?

Une question qui sur un plan plus général peut se traduire en termes d’augmentation ou de diminution du capital «sympathie» et électoral du parti des loups.

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