Pomme avec le bour

DelamurazIls la tenaient pourtant la carte maîtresse. Le digne descendant d’un Jean-Pascal Delamuraz qui avait su s’imposer grâce à ce style inimitable qui caractérisait les Radicaux de la fin du siècle passé, un style inspiré de celui de la IIIe République française.

Le bour, c’est Broulis, celui qui a réussi à redresser les finances vaudoises sur le dos des employés du service public et parapublic et des communes à coups de trique. Mais avec une trique gainée de velours et maniée avec cette espèce de rondeur qui rappelle incontestablement le dernier conseiller fédéral vaudois.

Soit, il paraît qu’il est parfois colérique et que ses interventions devant le Grand conseil n’ont rien d’ébouriffant, mais il sait se révéler consensuel et est capable de naviguer avec la barre au centre. Deux qualités qui ne sont pas données en ces temps.

Toutes ces caractéristiques faisaient du Saint-Crix un excellent poulain que le Parti libéral-radical aurait été bien inspiré d’inclure dans son ticket, juste histoire de laisser encore espérer à ses électeurs que le « Grand vieux parti » avait encore un petit souffle de vie.

Mais une telle stratégie aurait nécessité un peu de courage et la volonté d’afficher une ligne politique de centre-droite. Ce courage et cette volonté se sont évanouis devant la trouille de perdre un siège et devant la nécessité de plaire à l’UDC pour qui l’avocat genevois Lüscher représente un candidat correct probablement en raison de sa dureté envers les Rroms.

Quant à Didier Burkhalter, on ne sait trop qu’en penser. Certaines – mauvaises ? – langues le qualifient de personnage terne et gris, peu résistant à la pression médiatique et surtout un peu tendre dans le jeu politique. Des tares que le Neuchâtelois essaie de compenser par son excellente connaissance de la problématique de l’armée suisse, ce qui est un peu mince et suffit juste à en faire un candidat sans relief.

Entre un appât pour UDC et un candidat acratopège, le PLR a choisi de garder son meilleur atout pour un prochain pli et de ratisser large. Encore faut-il ne pas se retrouver pomme avant et ne pas laisser filer sa chance entre les dents du râteau.

Pour conclure sur un petit aspect historique, je vous propose d’aller voir un extrait de l’émission Face aux partis des élections de 1979 dans laquelle un certain Jean-Pascal Delamuraz définissait le radicalisme.

Les temps changent.

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