Pitoyable business du 8 mars

Journée internationale des femmes et Yves RocherAujourd’hui, tout se recycle. Tout se recycle, surtout si ça peut rapporter de l’argent.

Que nenni, je ne vais pas vous bassiner avec ceux qui nous obligent à acheter plein d’emballages inutiles que nous devons ensuite stocker minutieusement dans nos petites cuisines avant de les déposer à la déchèterie. C’est déjà fait et la suite, ce sera pour une autre fois.

Cette fois-ci, je vais vous parler de l’un de ces événements qui jalonnent l’année : la Journée internationale des femmes.

Tout le monde sait plus ou moins que les événements comme Noël, Pâques, la Saint-Valentin ou encore le fameux Halloween ont été récupérés par les magasins, les restaurants et les marchands de tout poil pour en faire leur beurre.

Ce qui n’avait pas encore ou peu été, à ma connaissance, récupéré, c’est la Journée internationale des femmes. Eh bien, mes chers, c’est fait. Et devinez par qui … Par un marchand de produits cosmétiques : j’ai nommé Yves Rocher.

Un Yves Rocher qui n’y va pas avec le dos de la cuillère et qui revendique pour les femmes (enfin la femme, parce qu’il n’a pas tout compris à la différence entre la femme et les femmes) le droit, oui vous avez bien lu un droit, à la … beauté !

Et attention, pour le marchand de cosmétiques, les revendications sont claires : « Oui à la beauté ! », « Belles oui, ruinées non », « Pour que la beauté soit accessible à toutes les femmes » et enfin : « On veut tous les jours une journée de la femme ».

Ben voyons !

Chacun aura compris que ce dernier slogan ne vise pas à obtenir l’éradication des inégalités femmes hommes dans les domaines professionnels ou sociaux, mais bel et bien des jours qui se suivent et se ressemblent au cours desquels un maximum de femmes accourent dans les boutiques de sa marque pour y acheter le plus possible de cosmétiques.

Tu parles d’un bond en avant de la condition féminine, tu parles d’une avancée de l’égalité femmes hommes. Tu parles d’un programme qui nous renvoie à Rousseau qui affirmait : « Toute l’éducation des femmes doit être relative aux hommes. Leur plaire, leur être utiles, se faire aimer et honorer d’eux, les élever jeunes, les soigner grands, les conseiller, les consoler, leur rendre la vie agréable et douce : voilà les devoirs des femmes dans tous les temps, et ce qu’on doit leur apprendre dans leur enfance. »

Pour Yves Rocher, les revendications féminines se limitent donc au droit, entendez plutôt par là au devoir, d’être belles pour pas cher. Tout le reste, il s’en fiche.

Il s’en fiche tellement des droits des femmes que le fabricant de cosmétiques n’a pas hésité, en 2005, à licencier sans préavis et sans explication, les 133 femmes burkinabées de La Galicienne.

Tout bien réfléchi, « Sois belle et tais-toi » serait un slogan plus proche des valeurs de l’entreprise.

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5 Réponses to “Pitoyable business du 8 mars”

  1. Elena Says:

    Bien joué Alain, je transmets à Laurianne que le ticket est sur ton blog. Elle sera ravie. Merci pour ton blog qui permet aussi de relayer les indignations de nous tous.

  2. La Femme du jour | Cmic Blog Says:

    […] mars, journée internationale de la Femme, occasion d’offrir ou de recevoir des fleurs ou des cadeaux, bref de traiter de la condition féminine. Contrairement à certaine, ça ne m’énerve pas, […]

  3. gadgetsdesign Says:

    Bonjour,
    Je suis venu par le lien sur le blog Cmic. L’article est interessant, mais il traite deux sujets très différents. Yves Rocher et les pratiques de l’entreprise et l’autre sujet c’est les cadeaux qui sont offerts à cette occasion.
    Yves Rocher – oui, c’est une histoire assez lamentable. Mais dans votre post, vous confondez Yves Rocher avec les marchands en général.
    Je cite  »Tout le monde sait plus ou moins que les événements comme Noël, Pâques, la Saint-Valentin ou encore le fameux Halloween ont été récupérés par les magasins, les restaurants et les marchands de tout poil pour en faire leur beurre. ».
    Comme souvent, le fait simple que des magasins cherchent à vendre, c’est très mal perçu en France. Quel est le mal dans le fait d’essayer de gagner sa vie? Pourquoi c’est si mal perçu? Combien de commercants connaissez vous? Savez vous que la majorité des commerçants en France ne se paient pas ou reçoivent moins que le smic par mois pour vivre?
    Un constat que je fait souvent en naviguant sur le web c’est le fait qu’en France c’est l’idée forcément negatif du commercant. Il est la pour profiter de la situation, il arnaque, il est à craindre – et encore plus terrible – il essaye de gagner sa vie au mieux possible aux moments de l’année ou la consommation est plus élevé.
    Sortez de chez vous et parlez aux marchands de votre ville (et pourquoi pas même faire un tour d’horizon des marchands web). Combien se paient tout les mois? Vous aurez une surprise, et peut-être comprendra un peu mieux pourquoi ils essaient de profiter un peu de ces moments (rares) de pic de consommation.

  4. Alain Hubler Says:

    Bonsoir gadgetsdesign,
    Vous avez raison, peut-être aurais-je dû écrire ”Tout le monde sait plus ou moins que les événements comme Noël, Pâques, la Saint-Valentin ou encore le fameux Halloween ont été récupérés par DES magasins, DES restaurants et DES marchands de tout poil pour en faire leur beurre.”
    Il est bien évident que tous les commerçants, au sens large, ne mangent pas le pain de la récupération. Surtout les petits commerçants qui offrent encore en plus des produits qu’ils vendent du service.
    Je suis bien placé, je suis fils de petits commerçants qui n’ont jamais mangé du pain de la récupération.
    Je sais très bien que beaucoup de petits commerçants ont de la peine à joindre les deux bouts et je trouve que l’attitude des gros est d’autant plus indigne.
    En l’occurrence, je ne m’attaquais pas à un petit mais à un gros et je maintiens.
    Au plaisir de vous relire.

  5. nicaraguaeduca.edu.ni Says:

    Using ingenious technology and innovation the Romans made an Empire that withstood the test of time.
    Businesses will heavily dependant upon customers for their survival, without customers a company
    would cease to exist. The business degree raises one’s social standing: in short, it opens to suit your needs doors that
    would have otherwise remained closed to you.

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