Le TCS n’aime pas les éléphants

Camion voitureDans le monde féroce dans lequel nous vivons, le TCS vient de trouver une nouvelle proie pour ses Homo automobilus de membres : les camions et leurs routiers accusés de se livrer à « des courses d’éléphants ».

Il est vrai qu’un camion de 40 tonnes – et peut-être bientôt de 60 tonnes – a de quoi foutre des complexes d’infériorité au bon père de famille – ou au jeune freluquet à la pédale lourde – qui survole les autoroutes du haut bas de son cockpit automobile.

Et puis franchement, c’est quoi ces routiers pas sympas qui se permettent de ralentir l’inexorable progression de l’Homo automobilus vers son travail ou son loisir, vers son destin. Un destin qui vaut bien entendu beaucoup plus que celle du routier qui lui ne fait que transporter les marchandises plus ou moins utiles que chacun se doit de posséder dans notre belle société de surconsommation.

Ce n’est pas parce que le routier livre des pièces de rechange pour mon carrosse de tôle, des asperges du Mexique pour mon repas ou une télévision pour mon « temps de cerveau disponible » qu’il a le droit de s’interposer, comme ça, entre ma voiture et mon horizon que je souhaite j’exige infini.

Place le routier, je veux passer !

La gestion à flux tendu, l’utilisation des camions comme entrepôts de stockage sur pneus, les délais de livraison, la fatigue de la route, les essaims d’automobilistes qui tournoient autour des « gros culs », le TCS s’en fiche. La route est à la voiture, les camions n’ont qu’à rester sagement alignés sur la voie de droite et tant pis pour l’heure de livraison, tant pis pour les attentes devant les quais de déchargement, tant pis pour le temps de repos, tant pis pour le camionneur.

Tant pis pour cet être nuisible qui ne pense qu’à livrer sa marchandise dans les temps pour respecter les désirs exigences de ses commanditaires pour qui chaque seconde que passe une marchandise dans un camion est autant de perte de profit.

Le camionneur ne dépassera plus. D’abord sur certains tronçons particulièrement fréquentés puis, peut-être, partout.

Camion, tu es et tu resteras sur la voie de droite, à 80 km/h, pour que puissent doubler à 120 km/h, ou plus, les chevaliers de tôle de la route. Il faut dire, camionneur, qu’en dépassant tu crées des bouchons et que tu ralentis la circulation. Tu ralentis la vie. Ma vie.

Les camions s’entasseront à droite pendant que les membres du TCS fileront vers leur destin à gauche. Tout ça pour, paraît-il, améliorer la sécurité et la fluidité du trafic.

Pour améliorer la sécurité et la fluidité du trafic ? Il y a une autre solution qui, en plus, permettrait d’économiser le précieux or noir : tout le monde à 80 km/h.

Mais ça, les hormones mâles de l’Homo automobilus ne le supporteraient pas !

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