De mur à mur

Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, il y a donc à peine moins de 20 ans, le Mur de Berlin tombait. C’en était fini de la dictature dans les pays de l’Est, de l’opacité et de la domination soviétique sur la moitié de l’Europe, de l’économie planifiée. En un mot c’était la fin de ce que l’on appelait le «communisme».

C’était le début de la liberté, de la transparence, de la démocratie, le retour de la paix, la réunification et la victoire de l’économie libérale et capitaliste. C’était la fin d’un système inique et l’éclatante victoire d’un autre pétri de justice, le passage d’un régime réputé insoutenable à un autre promettant des lendemains qui chantent.

Le communisme est mort, vive le capitalisme !

Le lundi, noir, 6 octobre 2008, les bourses mondiales s’effondrent et tombent en morceaux, les banques sont au bord de la faillite, les assurances aussi. Mais la domination des marchés financiers, des banques et du capitalisme se poursuit grâce à un autre mur : un mur d’opacité, un écran de fumée qui soustrait aux regards un peu trop critiques les mécanismes qui font que, du jour au lendemain, des milliers de milliards de dollars peuvent s’envoler en fumée.

Un mur sur lequel les espoirs des petits épargnants, des cotisants aux caisses de pensions, des travailleurs des banques et des secteurs qui vont s’écrouler dans la foulée de l’effondrement de la bulle des crédits viendront s’écraser.

Un mur qui continuera à protéger la totale obscurité dans laquelle les mécanismes financiers créent de l’argent fictif dont la pousse se nourrit de l’expansion échevelée de la dette, des intérêts et de la fortune des prêteurs.

Un mur totalement fissuré que les banques centrales vont colmater à grands coups de dollars allègrement puisés dans les caisses des Etats elles-mêmes alimentées par les impôts de ceux dont l’argent ne travaille pas tout seul.

Un mur qui permettra aux chacals de continuer, bien à l’abri, leur poker menteur une fois que les milliards d’argent public auront permis de stabiliser la situation et de compenser leurs actifs pourris.

Il n’y a pas de doute, il y a des murs plus solides que d’autres, surtout lorsqu’ils sont virtuels et qu’ils offrent donc moins de prises. Jusqu’à quand la grande partie de Monopoly, où le but est de ruiner l’adversaire, continuera-t-elle ?

La réponse est simple : jusqu’au jour où ceux qui ne jouent pas au Monopoly auront pris conscience qu’ils peuvent faire quelque chose et qu’ils le feront.

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