M2-budget

m2 sous le pont BessièresRien à voir avec les produits à prix plancher du géant orange. Quoique …

Souvenez-vous, il y avait eu la fameuse affaire des «hausses légales» du m2. C’est-à-dire l’augmentation du budget du projet liée au renchérissement au fur et à mesure que le temps passe.

Lorsqu’il a été soumis au peuple vaudois, en septembre 2002, le métro m2 était évalué à 590 millions, puis en septembre 2005, on apprenait qu’il faudrait sortir de l’escarcelle 116 millions de plus, pour un montant total de 706 millions. À la mi-avril 2007, le coût supposé avoisinait les 715 millions et aujourd’hui on parle de 730 millions.

Plus le temps passe, plus le coût d’un tel projet augmente, et c’est normal dans une certaine mesure.

Ce qui est un peu moins normal, c’est que, pour éviter les cris d’orfraies de celles et ceux qui trouvent toujours tout trop cher et surtout les impôts, on s’adonne parfois à quelques tripotages chiffres.

C’est ce qui s’est passé avec les sous-stations permettant d’alimenter en énergie électrique les fameuses rames construites par Alstom.

Dans le rapport-préavis 2002/26 dont l’objet était le cautionnement des emprunts du m2 à hauteur de 100 millions par la ville de Lausanne, on apprenait que le budget du m2 comprenait les ouvrages, les bâtiments, les véhicules, les installations de conduite automatique, les voies, les sous-stations électriques et les télécommunications. Le préavis était accepté sans aucun problème par le Conseil communal de Lausanne.

En novembre 2005, donc après la crise des hausses légales, le Conseil d’Etat vaudois rédigeait son «Exposé des motifs et projet de décret (EMPD) concernant le financement des coûts du renchérissement du Métro m2 entre Ouchy (Lausanne) et Les Croisettes (Epalinges)». Voici ce que l’on pouvait y lire :

Des réductions et optimisations du projet ont été identifiées par le MLO. Enfin, pour atteindre la cible budgétaire, certains coûts d’investissement furent transférés hors du projet : les sous-stations électriques (7,3 millions de francs) mises à disposition par les Services industriels de Lausanne dans le cadre d’un contrat de fourniture global d’énergie ; une partie des pièces de rechange (4,2 millions de francs), et les automates à billets (0,4 millions de francs) mis à disposition par les tl dans le cadre d’un renouvellement de son parc.

Ce qui signifie en clair que la ville de Lausanne allait devoir investir plus que prévu dans les infrastructures du m2 pour atteindre la cible budgétaire du canton. On se trouvait face à une sorte d’externalisation des coûts de construction du m2.

Bien entendu ces nouveaux investissements ont été soumis à l’approbation du Conseil communal de Lausanne qui n’y a vu que du feu, ou presque. Il faut dire que l’argumentation avancée dans le préavis municipal n° 2006/25 du 1er juin 2006 n’est pas vraiment la même que celle que l’on peut lire dans l’EMPD cantonal :

Les TL, à l’instar de nombreuses entreprises de transport, désirent se concentrer sur le coeur de leur métier. […] C’est dans cette optique qu’ils envisagent de se départir de la maintenance de leurs sous-stations « traction ».

puis plus loin :

De leur côté, les SIL ont élargi depuis plusieurs années la palette de prestations de services proposées à leur clientèle qui souhaite se décharger des tâches complexes ne figurant pas au coeur de ses activités.

Vues par la lorgnette de la municipalité lausannoise, les raisons de ce tour de passe-passe budgétaire sont avant tout stratégiques : en de débarrassant de ce qu’ils ne savent pas faire, les tl rendent presque service aux SIL qui vont ainsi pouvoir développer leur savoir-faire dans certains domaines techniques, fidéliser leurs clients et développer de nouveaux partenariats.

Bien évidemment, la municipalité de l’époque n’a pas avancé le fait qu’en mettant à charge la construction de ces sous-stations, le Métro-Lausanne-Ouchy améliorait son budget de 7,3 millions tout en péjorant celui de la ville de Lausanne du même montant. Cela n’aurait pas eu d’allure. Le seul qui l’ait reconnu, pendant la séance de la commission chargée d’étudier ce préavis, a été le Jean-Yves Pidoux, le tout nouveau municipal des SIL, qui a hérité du cadeau et qui s’est exprimé ainsi selon le rapport :

Cette opération découle d’une nécessité financière pour le m2. Après les débats sur le financement de ce projet, il n’est pas paru possible de revenir sur l’enveloppe financière votée par les citoyen-ne-s.

Dernière précision, entre l’EMPD de novembre 2005 et le préavis de juin 2006, le coût de ces sous-stations est passé de 7,3 à 11,5 millions. Encore une hausse légale ou un nouveau prix politique ?

Toujours est-il que, personnellement, je retire de cette opération conjointe MLO/canton/commune, le désagréable sentiment d’avoir été le spectateur d’une grande illusion à la David Copperfield.

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