Quand il n’y a plus de solution, reste la vengeance

EMS DornatLe titre de ce billet est une citation de Daniel Pennac qui me semble convenir à merveille à ce que nous propose impose aujourd’hui l’ancien conseiller fédéral du parti du bouc. Jugez vous-même.

Le 6 juin 2006, le futur «conseiller fédéral non-réélu» Christoph Blocher prononçait un discours à l’occasion de l’ouverture du studio de la SSR «Chasa RTR». Voici un extrait de ce discours :

C’est l’entreprise Ems Chemie qui m’a fait trouver le chemin des Grisons. Mais la relation que j’entretiens avec ce canton n’est jamais restée uniquement d’ordre professionnel. Les Grisons sont devenus pour moi une terre d’élection, où s’est jouée une partie de ma destinée, et je ne peux y échapper. Le paysage, les habitants, leur rudesse, leur gratitude, leurs manières simples, ont gagné mon cœur. […] Plus tard, en tant que propriétaire de l’entreprise, j’ai toujours tenu à maintenir la production dans ce canton.

Deux ans et deux jours plus tard, l’ex-tribun populiste, pourtant bourgeois d’honneur de Lü-Lüsai, la commune la plus haute d’Europe, a tout oublié de ses anciennes amours. Preuve en est cette menace faite dans le SonntagsBlick où il a déclaré que son éviction par la grisonne Eveline Widmer-Schlumpf n’incitait pas ses enfants, qui dirigent l’entreprise familiale EMS Chemie, à investir dans le canton. Il ajoutait, cynique, «On ne peut pas punir tous les Grisons parce que l’une d’entre eux est une traîtresse. Mais lorsque l’on investit, on investit aussi émotionnellement».

Il faut se rendre à la scandaleuse évidence : le monsieur nous annonce une vengeance des plus sordides. Il est question de faire payer aux Grisons et à ses habitants sa non-réélection. Il s’agit de moins investir dans l’entreprise la plus importante pourvoyeuse d’emploi du canton par mesure de rétorsion. L’intention est de faire payer le prix fort au «Peuple Souverain» de son canton d’adoption.

Ce genre d’agissements n’a rien à envier à la vendetta et relève même du terrorisme par la prise en otage des travailleurs et travailleuses de tout un canton.

Si certains terroristes se bardent de ceintures bourrées d’explosifs pour arriver à leurs fins, d’autres n’ont besoin que d’un seul mot pour faire voler en éclats plusieurs dizaines voire centaines d’emplois !

Il faudra que le «Peuple Souverain» s’en souvienne.

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3 Réponses to “Quand il n’y a plus de solution, reste la vengeance”

  1. Jean Christophe Schwaab Says:

    Mais qu’avaient donc fait les valaisans à M. Blocher pour qu’il coule Alusuisse?

  2. Jean Christophe Schwaab Says:

    … la NZZ du jour en relève une autre, tout aussi navrante. Devant le congrès de l’UDC-ZH, une membre de ce parti, juge (pouah!) au tribunal cantonal des assurances sociales (re-pouah!) a conspué la « république des juges » et notamment du tribunal fédéral qui a accepté les recours contre les naturalisations arbitraires. Selon cette dame, le principal défaut du président de la cour qui a pris cette décision, est… d’être grison! Décidément, ces gens ne méritent les emplois EMS généreusement accordé au bon peuple par le Châtelain de Rhäzüns.

  3. Alain Hubler Says:

    Eh bien, ça ne s’arrange pas.

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