Les boucliers humains de la Municipalité

100 francs suissesAvant-hier soir, au Conseil communal de Lausanne, nous avons traité de la motion du socialiste Fabrice Ghelfi qui demandait quelque chose qui semble tomber sous le sens : que les jetons de présence des municipaux et syndic exerçant un double mandat politique soient rétrocédés à la caisse communale.

Partant du principe que le travail d’un municipal ou d’un syndic est une activité à plein temps correctement rémunérée – Daniel Brélaz, le syndic de Lausanne gagne 265000 francs par an – le socialiste demandait que l’intégralité des jetons de présence et indemnités des députés cantonaux ou nationaux soient restitués à la caisse communale à l’exception des indemnités de repas, de déplacement et de nuitées.

C’est un véritable tir de barrage de la droite qui a accueilli cette proposition. Un feu nourri en provenance des rangs de la droite du conseil. Une droite qui semblait bien décidée à appliquer à la lettre la devise sarkozienne : «Travailler plus pour gagner plus». Tout y passa : les reproches perfides, mais justifiés, à propos de l’époque où la syndique Yvette Jaggi exerçait un double mandat, la nécessité d’avoir un groupe de pression lausannois à Berne*, la mesquinerie de la proposition socialiste, la surcharge de travail qui mérite bien une «récompense» et j’en passe. Les missiles volèrent bas et touchèrent en partie leur cible puisque le motionnaire accepta spontanément de transformer sa motion en postulat.

Quelle importance ? Direz-vous.

Une importance de taille : une motion demande que la proposition de son auteur soit réalisée telle quelle alors que le postulat demande que la proposition soit seulement étudiée. Mais surtout, le postulat semble laisser la possibilité à la Municipalité d’élargir le champ d’études de la proposition socialiste.

C’est d’ailleurs ce que ne manqua pas de faire le Syndic Daniel Brélaz qui annonça froidement qu’il allait modifier le règlement de la Municipalité dans le sens demandé, mais qu’il en profiterait pour en faire de même pour celui des employés de la ville de Lausanne qui auraient le malheur d’exercer des fonctions politiques …

Traduction : on va vous faire une proposition de règlement allant dans le sens de la restitution de nos indemnités de députés, mais on en fera aussi une qui modifiera le règlement du personnel dans le même sens.

Autrement dit, si vous touchez à mes indemnités et à celles de mon collègue radical, vous devrez aussi toucher à celles des employés de la ville.

Le Syndic Vert de Lausanne a décidé de s’entourer de boucliers humains pour protéger les quelque 30 000 francs qu’il avoue toucher comme parlementaire à Berne.

Mais soyons juste et rendons à César ce qui est à César : le Syndic a précisé que cette disposition viserait les haut cadres. Avait-il quelqu’un de particulier en tête, comme par exemple, un député socialiste chef de service ? Allez savoir …

  • * Outre son siège au Conseil national, Daniel Brélaz occupe une place à la Commission des transports et des télécommunications. Pour sa part, Olivier Français siège à la Commission de gestion et à la Commission des constructions publiques. Si les avantages d’une présence lausannoise à la Commission des transports semblent évidents, la présence d’Olivier Français à la Commission de gestion et à la Commission des constructions publiques paraît plus discutable.

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