Je ne veux pas devenir un indic de la brigade des stups

Beuh chichonPourtant c’est bien l’avenir que me réserve le député Haury avec son idée géniale – piquée au président de l’UDC valaisanne Raphaël Filliez – de confier une nouvelle mission à l’école : traquer les consommateurs de haschisch en les soumettant à des tests d’urine ou de salive.

S’il est parfaitement exact que la consommation de substances psychotropes présente des risques du point de vue de la santé et de la vie en société, il est aussi vrai que la chasse au fumeur de chichon proposée par le député écololibéré aura des conséquences sur les relations qu’entretiennent les enseignants et leurs élèves.

Pendant que certains pédagogistes, plus ou moins illuminés, veulent faire de l’enseignant une sorte de couteau suisse capable d’instiller, en plus des savoirs, des savoir-faire, des savoir-être (?) et des compétences, le député Haury veut transformer les enseignants en indicateurs de la brigade des stupéfiants. En un mot comme en cent, le maître d’école – ce fainéant qui est plus souvent en vacances qu’au travail – doit endosser tous les costumes que les uns et les autres rêvent, et parfois réussissent, à lui faire endosser : du flic au psychiatre en passant par le papa ou la maman, le gentil organisateur, l’animateur, le médiateur et j’en passe.

Dans ces conditions, comment voulez-vous que les élèves s’y retrouvent ? Comment voulez-vous qu’ils sachent à qui ils s’adressent ? Comment voulez-vous qu’ils aient la moindre confiance et le moindre respect pour cette espèce de girouette qui change de costume et de casquette à tout bout de champ ? Comment voulez-vous que nous autres enseignants puissions faire notre travail avec crédibilité si vous nous imposez en permanence votre numéro de transformiste digne d’Arturo Brachetti.

Après ce mouvement d’humeur, je préfère m’en remettre à l’excellent Jean Martin, ancien médecin cantonal, et à mon billet consacré à la proposition du valaisan chasseur d’adeptes de la fumette.

Mais, avant de quitter mon clavier j’aimerais, Monsieur Haury, vous poser une petite question qui me turlupine : si un de vos jeunes patients, écolier, vient à votre consultation avec les yeux du fumeur de beuh, que faites-vous ? Une petite prise de salive ou d’urine et un coup de fil la brigade des stups ?

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5 Réponses to “Je ne veux pas devenir un indic de la brigade des stups”

  1. www.romanding.ch Says:

    Je ne veux pas devenir un indic de la brigade des stups

    Indic de la brigade des stups, c’est bien l’avenir que me réserve le député Haury avec son idée géniale de confier une nouvelle mission à l’école : traquer les consommateurs de haschisch.

  2. Emma Says:

    je trouve que c’est limite viré à la dictature un truc pareil… Vaut mieux investir dans la prévention…

    Pis bon… je le reconnais volontiers, du pétard j’en ai consommé pendant mes années d’apprentissage… Et je l’ai eu mon CFC… (et bien tranquillement)… Et aujoourd’hui j’ai un travail, je paie mes impôt à l’heure etc etc… comme quoi hein…c’est vraiment pas un drame (enfin tant qu’il n’y a pas d’abus, mais c’est comme de tout).

  3. Alain Hubler Says:

    Salut Emma,
    D’accord avec toi. En plus, supposons qu’un-e apprenti-e-s se fait attraper « positif » et qu’il y ait sanction. Son maître d’apprentissage l’apprendra bien vite et il sera peut-être viré pour juste motif.
    Voilà qui va arranger la situation …

  4. GPT Says:

    La doctrine libérale postule que les hommes doivent être libres, autonomes, responsables et qu’ils doivent atteindre cet état par des moyens respectant la dignité humaine et les droits de l’Homme. Or la peur est très mauvaise conseillère et ne fait que de renforcer le refoulement, la régression et les blocages psychologiques qui mènent au défoulement, à l’agressivité, à la violence et à la dépression. Donner l’injonction à l’école de faire des contrôles anti-cannabique revient à lui donner un rôle répressif que seul les pays totalitaires peuvent se permettre. Lorsqu’on voit comment les autorités agissent face aux problèmes (soi-disant!) de société, comment elle aime faire peur, cela m’étonne qu’une personne se réclamant du libéralisme puisse entonner les trompettes du maintien de l’ordre par la peur et la soumission contrainte à l’autorité.

    Mais, question subsidiaire, le brave Docteur Haury, peut-il être libéral car, ne n’oublions pas, s’il on a un esprit vraiment libéral, alors la fumette, ben, ça fait partie des libertés individuelles tout comme les anti-dépresseurs, valium, prosac et autres produits chimiques des firmes dont le brave Docteur Haury est sûrement actionnaire. Ces drogues là sont « légales » et comme par hasard, on n’en a que contre la drogue des pauvres – le taf !!

  5. kalvin Says:

    J’ai’ commis un billet qui se voulait du xième degré à ce sujet. Je l’ai biffé après avoir compris que je m’étais fait mal comprendre.

    Autre question au bon docteur Haury que j’ai eu l’insigne honneur de connaitre en quasi culottes courtes : ça a quel goût un joint ?

    Question subsidiaire pour revenir en deuxième semaine : il fait quoi l’ecclésiastique confesseur enseignant et titulaire d’un diplôme de médecin et d’une autorisation de pratique ? avec quelle main signe-t-il l’ordonnance et la dénonciation ?

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