Boussole politique

Political CompassIl y a un certain temps, des internautes publiaient des commentaires provocateurs, parfois à la limite de la diffamation, sur mon blogue. C’est leur droit le plus strict – sauf pour la diffamation – même si cela ne m’incite pas à la discussion ou au débat.

Entre autres compliments, on trouve ceux dont l’objectif est d’amalgamer tous les représentants et toutes les représentantes de la gauche et particulièrement les membres du POP & Gauche en mouvement, à, dans le désordre, Staline, Pol Pot, Mussolini, Hitler, j’en passe et des pires. Voici d’ailleurs un de ces commentaires qui est une belle illustration de la perte du Nord politique de certains:

Ceux qui sont proches de vous sont Staline, Hitler, Trotski, Mitterrand, Mussolini, Pol Pot et compagnie …

La logorrhée et le langage utilisés dans ces commentaires auraient pu me pousser à effacer d’autorité ces commentaires. Eh bien non ! Creusons un peu plus loin, essayons d’en avoir le cœur net. Posons-nous la question, pourquoi ces commentateurs assimilent-t-ils la gauche de gauche à la droite extrême, pourquoi confondent-ils Mussolini, Staline, Hitler et Pol Pot? Pourquoi estiment-ils que tout ce qui est d’extrême gauche est forcément proche de l’extrême droite?

La réponse est relativement simple : ces commentateurs évoluent dans un espace politique à une seule dimension, celui de l’axe classique de la gauche et de la droite économique. Cet axe unique est insuffisant pour décrire un profil ou une personne politique. Ces trolls commentateurs confondent aussi allègrement, et peut-être volontairement, autoritarisme, gauche de gauche et extrême-droite.

Pour introduire une deuxième dimension d’analyse, il est possible d’utiliser un test du genre de celui de Political Compass. Ça vaut ce que ça vaut, mais ce genre de test a au moins le mérite de donner du relief et de la nuance au classique axe unique d’analyse.

Outre l’axe gauche-droite économique, le Political Compass introduit un axe libertarien-autoritaire social. Et c’est cela qui fait toute la différence.

Cette deuxième dimension permet ainsi de distinguer entre quatre profils :

  • autoritaire de gauche comme Pol Pot ou Staline
  • autoritaire de droite comme Pinochet ou Hitler
  • libertarien de gauche comme Mandela ou Ghandi
  • libertarien de droite comme Milton Freedman ou Friederich Hayeck

Pour ma part, après avoir passé le test, je me trouve avec les coordonnées suivantes
«axe économique gauche-droite : – 8.62 et axe social libertarien-autoritaire: – 7.23».

Ce qui me situe à l’opposé de G.-W. Bush et d’Augusto Pinochet, très loin de Pol Pot, Staline ou Ceaucescu et à proximité de Mandela, Ghandi ou Kropotkine.

Autrement dit très à gauche et très peu autoritaire.

Political Compass II

Maintenant, tous les tests du monde ne remplaceront pas quelques propos clairs et bien sentis. C’est pour cette raison que je ne saurai trop vous recommander, en plus d’effectuer ledit test, de lire cet excellent article d’Ashram de Swâmi Petaramesh qui nous explique de manière limpide la gauche et la droite.

Bonne lecture et merci de vous abstenir dorénavant de m’assimiler à quelque autoritaire que ce soit. À moins que vous n’ayez définitivement perdu la boussole. Et si, contre toute attente, cela devait être le cas, je vous suggère d’établir votre profil.

Juste histoire de savoir avec qui on cause.

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5 Réponses to “Boussole politique”

  1. www.romanding.ch Says:

    Boussole politique

    Depuis quelque temps de commentateurs de mon blogue m’assimilent à des individus tels que Staline, Hitler, Mussolini ou Pol Pot. Manifestement, leur boussole politique a perdu le Nord. Un petit test peut permettre de les réorienter.

  2. Lyonel Kaufmann Says:

    Et moi qui pensais que tu étais un autoritaire de droite refoulé !

    Me voilà déçu, mais déçu comme tu peux pas savoir

    😉

  3. Alain Hubler Says:

    En fait j’étais, sur mon miroir de 24 Heures http://alainhubler.blog.24heures.ch ,
    un refoulé par un (ou des) autoritaire(s) de droite.
    Ce qui n’est pas la même chose tu en conviendras !
    Et cette petite webotestothérapie me fait le plus grand bien. Hihihi😉😉😉

  4. James Becht Says:

    cher Monsieur,

    je ne saurais que vous rejoindre dans votre constat suivant lequel certains de vos commentateurs « évoluent dans un espace politique à une seule dimension, celui de l’axe classique de la gauche et de la droite économique. Cet axe unique est insuffisant pour décrire un profil ou une personne politique. »
    Bien. Mais dans ce cas, pourquoi continuer de vouloir ainsi polariser le débat ? Puisque vous-même vous nous proposez de nous situer, nous donnant pour points de repère les définitions données par Ashram de Swâmi Petaramesh, dont je compte faire la critique dans une réponse postée sur son blog, ou de façon plus ludique le test de la boussole politique, test dont il faut en tout premier lieu constater qu’il prend l’économie marchande et le capitalisme pour des éléments incontournables, voire même naturels, ce qui est tout de même loin d’être le cas. Pour ma part, j’ai obtenu les résultats suivants : Economic Left/Right: -6.88 ; Social Libertarian/Authoritarian: -2.00. Ce qui est assez amusant…

    De fait, j’ai longtemps adhéré aux discours d’auteurs classés d’extrême-gauche voire d’ultra-gauche (Karl Marx et Guy Debord, Alain Badiou, Jacques Camatte, Michel Bakounine…), et quand je dis longtemps ça veut dire environ une quinzaine d’années. Ma pensée, au bout d’un certain temps, a fini par littéralement tourner en rond. J’avais sous la main une grille d’analyse qui me permettait d’aborder avec un regard critique tout phénomène politique, économique, social… C’est bien ça : une grille de lecture. Autant dire que derrière « grille » il y avait aussi « cage ». Ma pensée était enfermée dans des schémas, toujours les mêmes, jamais réellement renouvellés. Et cette situation me convenait parfaitement. Il aura fallu que je lise le magistral récit de guerre de l’allemand Ernst Jünger, intitulé en français « Orages d’acier », pour qu’un doute commence de s’immiscer dans mon esprit. Gâvé d’a-priori comme je l’étais sur tout ce qui pouvait venir de « la droite », justement, et à plus forte raison de la droite conservatrice, et encore plus (j’en tremblais alors) de la droite conservatrice allemande des années 30 (vous voyez le topo !), je me suis vraiment demandé où je foutais les pieds…
    Seulement voilà, E. Jünger campait sur des valeurs d’honneur, d’entraide, de respect d’autrui, de critique du monde marchand bourgeois, que je ne pouvais pas réellement désapprouver. Et comme en outre il apparaissait clairement que cet auteur n’était ni totalitaire, ni raciste, et certainement nullement haineux vis-à-vis de qui que ce soit, j’ai pris le parti de lire ses autres textes. S’est alors déroulée sous mes yeux une pensée qui me permettait d’aller au-delà de mes propres barrières idéologiques et qui m’ouvrait à une constellation de penseurs de droite dont vraisemblablement le propos n’était ni fascisant (dans le sens de la mise en place d’une société fermée, dictatoriale, consolidant les inégalités sociales en faisant le jeu du capital, réactionnaire dans les moeurs, etc.) ni libéral (dans le sens d’une défense des inégalités qui s’origine sur le principe de l’individu comme seul élément de référence
    pour la compréhension du monde, et d’une absence totale de position critique vis-à-vis du capitalisme).

    Il me semble surtout que la question que nous devons nous poser aujourd’hui est la suivante : quelle pertinence et quel intérêt y a-t-il pour nous à continuer de répéter, perpétuer, refondre, les catégories de droite et de gauche, si ce n’est pour continuer d’alimenter la division du peuple à travers
    une bipolarisation qui sert surtout à maintenir en place les élites politiques existantes, avec leurs idéologies et leurs pratiques de clientélisme ?

    Sans pour autant sombrer dans une niaise béatitude, il me semble que nous devrions surtout nous méfier à peu près systématiquement des discours politiques, de tous les discours politiques, qui se fondent sur la peur et sur la haine. Par exemple, un discours de peur d’un peuple (peur du peuple juif, peur des africains, etc.) entraîne assez inévitablement une attitude déplorable vis-à-vis du peuple incriminé (violence, discrimination…). Quant à la haine, il me semble que l’anticléricalisme de nombreux républicains pendant la guerre d’Espagne, et même si certains curés étaient en effet des « ennemis du peuple » profitant de ses croyances religieuses, bref, cet anticléricalisme a conduit à des massacres de prêtres et de religieuses totalement injustifiables.

    Que l’on prône des idées de gauche ou de droite, conservatrices ou révolutionnaires, libérales ou autoritaires, rien ne justifie l’exploitation de la haine et de la peur vis-à-vis de qui que ce soit, au moins en temps de paix (je dis ça, car le cas d’un pays attaqué et menacé d’invasion est malgré tout plus délicat…quoique ?).
    Et brandir le spectre de la guerre sociale pour ceux qui pensent « de gauche » ou celui de la déliquescence de l’unité nationale ou des moeurs pour ceux qui pensent « de droite » (mais, là encore, vous remarquerez que ces positions peuvent tout aussi bien être renversées !), revient à vouloir forger une unité militante sur des principes qui confinent à
    l’exclusion dans le meilleur des cas ou à l’extermination dans le pire des cas.
    De la même manière, l’extrême tolérance se révèle soit relever d’une bien-pensance profondément hypocrite et irréaliste, soit d’un idéaliste aveuglement…

    Bref, la question reste pour nous : vers où aller et comment y aller ? Que désirons-nous, et ce que nous désirons peut-il être réalisé sans nuire à autrui ? Peu importe que nos idées soient de droite ou de gauche, elles ont peut-être pour devoir aujourd’hui d’être « de droite et de gauche ni de droite ni de gauche et surtout pas au centre. » (ouf… quelle belle définition !)

    Un de nos plus grands ennemis est aujourd’hui ce que j’appellerais le nihilisme contemporain, fondé sur la toute puissance de la technique, sur l’ultra-individualisme libéral-libertaire, sur la confusion qui s’est installée dans les valeurs et les moeurs, sur l’oubli du règne du capital et sur l’omniprésence de la morale bourgeoise de l’intérêt, un nihilisme que nous serons bien en peine de pouvoir efficacement combattre tant que nous resterons englués dans le dramatique débat qui nous interdit d’aller puiser des idées là où bon nous semble (avec les garde-fous ci-dessus évoqués).

    dernière petite note :

    Ce qui est surtout fascinant dans les messages qui visent à vous insulter, c’est que leur démarche correspond à l’exercice d’une violence anonyme qui permet simplement de rapprocher leurs auteurs des pires crevures collaborationnistes, diffamatrices et délatrices, tristes personnages auxquels pourtant les auteurs des
    messages évoqués ne s’identifient probablement pas. Voilà justement où peuvent conduire la haine et la peur, mais aussi l’ennui, un des phénomènes les plus dévastateurs de notre temps.

    (vous me pardonnerez la longueur de ce message…)

  5. Rosa Alba - Gauche et Droite (début de partie) Says:

    […] la discussion sur la catégorisation politique droite-gauche commencée sur les blogs d’Alain Hubler et de Swâmi Petaramesh. Cette polarité a pour nous une fonction explicative concernant la […]

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