L’UDC lausannoise invente le conseiller communal mouton noir

Hôtel de Ville LausanneLes élus du SVP lausannois roupillaient tranquillement depuis bien longtemps sur les bancs du conseil communal. Jugez plutôt, depuis la nouvelle législature, qui a commencé le 1er juillet 2006, la section populiste locale n’avait fait qu’une seule proposition, proposition en plus contraire à son programme : limiter la vitesse sur les routes qui sillonnent les bois du Jorat.

Cette époque est maintenant terminée, la machine brune vient de se mettre en marche et, même à Lausanne, le SVP va appliquer implacablement sa politique de chasse à l’homme et à la femme étrangers. La première action allant dans ce sens-là a le «mérite» de remettre les élus de la ville de Lausannne au même niveau que les autres étrangers. Il s’agit tout bonnement méchamment de la création de conseillers et conseillères communaux et municipaux de second ordre : les conseillers communaux et municipaux étrangers. Explications.

Dans le canton de Vaud, les personnes étrangères «âgées de 18 ans révolus, domiciliées dans la commune, qui résident en Suisse au bénéfice d’une autorisation depuis dix ans au moins et sont domiciliées dans le canton depuis trois ans au moins» ont l’exercice des droits civiques au niveau communal depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution vaudoise le 14 avril 2003. Ces personnes sont donc aussi éligibles au Conseil communal (législatif) et à la Municipalité (exécutif).

Par ailleurs, en Suisse, la procédure de naturalisation – qui, soit dit au passage, est loin d’être une sinécure – prévoit des étapes communales, cantonales et fédérales. Au niveau communal, l’une des étapes est l’audition du candidat par «la municipalité ou une commission de naturalisation en présence d’un municipal au moins». À Lausanne, les auditions sont effectuées par une commission formée d’un municipal et de deux membres délégués par la commission des naturalisations qui est composée de quinze membres. En théorie, il est donc possible qu’une ou plusieurs personnes de cette délégation soient étrangères. Et cela le SVP ne le supporte pas puisqu’il propose d’augmenter le nombre de conseillers communaux de cette délégation à quatre. Cette augmentation devant permettre une «dilution» des étrangers de la commission, mais doublant la charge de travail des membres de la commission.

Pour le SVP, le fait que des étrangers en cours de naturalisation soient auditionnés par des conseillers communaux ou municipaux étrangers constitue une «parodie de naturalisation» (sic). La conclusion est évidente. Pour le SVP, les conseillers communaux et municipaux étrangers, pourtant élus, comme ils disent, par le souverain n’ont pas la même valeur que les conseillers communaux suisses. Et bien entendu, les élus étrangers valent moins que les élus suisses.

Le SVP lausannois vient donc d’inventer une nouvelle catégorie de moutons noirs : les élus communaux étrangers. La machine brune est en route il est temps de l’arrêter.

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6 Réponses to “L’UDC lausannoise invente le conseiller communal mouton noir”

  1. www.romanding.ch Says:

    L’UDC lausannoise invente le conseiller communal mouton noir

    L’UDC lausannoise remet en cause la participation des élus étrangers, pourtant prévue par la Constitution, aux auditions qui ont lieu dans le cadre de la procédure de naturalisation. Ils créent ainsi des "sous-conseillers communaux".

  2. kalvin Says:

    Mais bien sûr on n’est pas un parti raciste au SVP, on aime bien d’ailleurs les étrangers »qui se tiennent bien ».

  3. zozieau Says:

    Ca me démangeait aussi de mettre ça sur mon blog, mais tu dois te douter de pourquoi je l’ai pas fait.
    Maintenant que c’est sorti, aucun problème à dire que je partage ton dégoût.
    Et aussi à affirmer que cette proposition si elle était mise en oeuvre, poserait de sérieuses difficultés quant à son application. Même si on devait réserver dite commission aux retraités (en effet, ceux que je connais sont généralement aussi occupés que toi et moi, voire plus).
    Et enfin, qu’est-ce qui nous empêcherait alors d’y désigner uniquement des conseillers communaux qui ont un permis C ? Juste pour faire bisquer le sieur Voiblet…

  4. Jean Christophe Schwaab Says:

    … et après, il demanderont que les naturalisé-e-s ne puissent plus siéger dans cette commission, puis les enfants de naturalisé-e-s, en arguant certainement que les naturalisé-e-s ne sauraient décider impartialement.
    La stratégie du Parti de M. Blocher est claire: tant que leurs alliés prétendument modérés ne réagiront pas, ses propositions et affiches seront à chaque fois pires que les précédentes. Il faut stopper cette machine brune. A tout prix.

  5. lyonelkaufmann Says:

    Lors de la précédente législature (et alors que les règles de la procédure de naturalisation étaient encore les anciennes, mais que les étrangers avaient déjà le droit de vote et d’éligibilité), le groupe UDC de La Tour-de-Peilz était déjà intervenu dans ce sens au Conseil communal. Pour ce faire sèchement éconduit par l’ensemble des autres membres du Conseil. Notamment du fait que ce n’est pas la naturalisation qu’une commune accorde, mais la bourgeoisie. La naturalisation est accordée par le canton.
    Plus évidemment qu’il ne saurait y avoir de conseillers communaux de premier et de deuxième ordre au sein du conseil communal.

  6. Alain Hubler Says:

    Merci pour l’information !
    On va pouvoir rappeler cet événement aux SVP lausannois.

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