Les jeunes : otages de la politique ?

Jeunes et violenceCe dimanche encore, le Matin Dimanche nous «gratifie» d’un article agrémenté de sondages sur les jeunes et la violence juvénile. Une fois de plus un média contribue à enraciner dans l’esprit de ses lecteurs l’idée de plus en plus répandue selon laquelle les jeunes seraient de plus en plus violents.

Ainsi, selon le sondage, les Suisses sont 77 % à trouver les jeunes plus agressifs et 62 % ont peur d’envoyer leurs jeunes à l’école. À la question de la responsabilité, 77 % des sondés font porter le chapeau aux parents et pour ce qui concerne la punition, ils sont 55 % à penser que la solution de l’UDC, le renvoi des jeunes criminels et de leurs parents, est la bonne. La boucle est bouclée, l’équation est posée :

jeunes = criminalité = étrangers = renvoi

Manifestement, ce sondage tombe à point nommé au lendemain du lancement de l’initiative UDC «pour le renvoi des étrangers criminels».

Et pourtant, pour celle ou celui qui lit un peu la presse, comme les journalistes du Matin Dimanche je suppose, le thème de la violence chez les jeunes est évidemment un objet de propagande électorale. Cette réalité a été relevée par Swissinfo en janvier dernier déjà :

Christoph Blocher et son parti sont des pros de la communication. Par la provocation, ils ont souvent réussi à forcer les autres partis à se prononcer. C’est ainsi que la violence des jeunes est en train de devenir un thème électoral, analyse Daniel Kübler, politologue de l’Université de Zurich.

Quant à l’accroissement de la violence chez les jeunes, voici ce qu’en dit André Kuhn, professeur extraordinaire de droit pénal et de criminologie à l’Université de Neuchâtel et professeur associé à l’Université de Lausanne :

Il n’y a pas accroissement de la criminalité violente, il y a plutôt oscillation à travers ces 50 dernières années.

(…) Pour ce qui est des jeunes, il est toujours très surprenant de constater combien les parents d’aujourd’hui refusent de se souvenir des «bêtises» qu’ils ont eux aussi faites alors qu’ils étaient jeunes, au grand dam de leurs propres parents d’ailleurs.

Il semble donc bien que la violence des jeunes soit plus un outil de propagande électorale qu’une réalité. Mais alors, pourquoi diable la presse tombe-t-elle dans le piège de l’UDC qui prend ainsi les jeunes en otage ?

2 Réponses to “Les jeunes : otages de la politique ?”

  1. www.romanding.ch Says:

    Les jeunes : otages de la politique ?

    Ce dimanche encore, le Matin Dimanche nous «gratifie» d’un article agrémenté de sondages sur les jeunes et la violence juvénile. Une fois de plus un média contribue à enraciner dans l’esprit de ses lecteurs l’idée de plus en plus répandu…

  2. raph Says:

    et 0% de gens pensent que c’est la faute au Matin, ils ont super bien joué leur coup tout de même

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