City management : lettre ouverte à Daniel Brélaz, syndic de Lausanne

Cher Daniel*,

Lors de l’émission « Sur le vif » diffusée sur TVRL le jeudi 4 juillet dernier, tu as eu la chance de pouvoir exprimer ton opinion sur la naissance de « Super city management : non merci ! », une association née de la mobilisation de commerçants opposés au city management et à sa taxe.

Malheureusement tu as saisi cette occasion, une fois de plus, pour parler en termes méprisants de celles et ceux qui remettent en question ta politique de promotion du commerce lausannois.

Je suis conscient du fait qu’une pétition signée par plus de 1100 commerçants, et exclusivement des commerçants, a de quoi te déstabiliser. Une telle opposition face à un projet que tu tiens pour l’un des projets majeurs de la législature est une sérieuse épine dans ton pied. Ce n’est cependant pas une raison pour perdre ton sang-froid et pour maltraiter ceux qui ont, peut-être, contribué à te faire élire au poste que tu occupes. Ce n’est pas une raison pour traiter une grande partie de celles et ceux qui font vivre l’économie lausannoise d’égocentriques, de conservateurs, d’obtus, de doctrinaires ou de « retourneurs » de veste. Ce n’est pas une raison non plus pour insinuer que les commerçants sont manipulés par « A Gauche toute ! » et plus particulièrement par moi.

Les commerçants et commerçantes de ta ville sont tout aussi capables que toi d’avoir une réflexion par eux-mêmes. Ils sont en particulier parfaitement capables de douter de l’opportunité d’instaurer une taxe sur l’emploi pour combattre … la perte d’emplois dans le commerce de détail. Ils sont aussi tout à fait en mesure de remettre en cause l’équité du barème dégressif de la taxe qui fait qu’un indépendant travaillant seul paye 240 francs l’an alors qu’une grande surface employant 100 salariés paye 15200 francs, soit 152 francs par employé. Ils sont suffisamment intelligents pour remettre en question par eux-mêmes un concept général qui confond mercantilisme et convivialité. Ils sont assez expérimentés dans leur domaine pour voir que le projet d’animation de la ville proposé par le city management ne prévoit pas grand-chose, voire rien, de nouveau. Enfin ils sont bien assez lucides pour comprendre que la municipalité et Déclic ont choisi la contrainte de la taxe plutôt que l’incitation de la contribution volontaire pour redynamiser le commerce lausannois. Ce choix constitue un aveu de l’incapacité de certaines associations économiques lausannoises de proposer quelque chose de motivant pour les commerçants.

En conclusion, je crains fort que tu ne sois pas capable d’entendre et de comprendre ces griefs, tout englué que tu es dans un projet que tu es prêt à défendre jusqu’au bout simplement parce que c’est le tien et, peut-être, parce qu’il est censé t’attirer la sympathie des milieux économiques et te propulser vers Berne. Et cela je le regrette profondément.

Bien à toi.

Alain Hubler

* Il se trouve que, comme tous les membres de la « majorité » rose-rouge-verte de Lausanne, je tutoie le syndic; je n’ai donc pas de raison de faire autrement dans une lettre ouverte.

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