Le « city management » lausannois déclenche des « city grognements »

Taxe City management en fonction du nombre d'employés à plein temps

Ou quand Déclic mérite des claques !

Depuis jeudi dernier, les commerçants de la ville de Lausanne reçoivent une missive co-signée par Jean Heim, président du conseil de fondation du «city management» et par Daniel Brélaz, syndic de la ville de Lausanne. Ce courrier, preuve tangible de l’union de la carpe et du lapin, annonce la couleur : pour animer la ville et, donc espérer, faire du chiffre d’affaires, il va falloir payer pour financer l’animation de cette bonne vieille ville de Lausanne qui, comme chacun le sait, est bercée par une torpeur bien vaudoise. Que l’on soit pour ou contre la vision de la ville et de la société qu’implique le city management – dont le but est de transformer la ville en parc d’attractions pour que les chalands dépensent en ayant l’impression de s’amuser – plusieurs questions se posent.

La première question qui se pose est celle du système et du barème de perception de cette taxe proposée par Déclic, qui réunit en son sein tout le gratin des associations économiques lausannoises soit : Société Industrielle et Commerciale de Lausanne et environs (SIC), Association des Commerçants Lausannois (ACL), Trade Club (grandes surfaces), GastroVaud – section de Lausanne, Hôtellerie Lausannoise (HL), Lausanne Tourisme, Association des Parkings Privés Lausannois (APPL) et Pool «Lausanne La Nuit». Cette taxe, à laquelle sont assujettis les commerces de détail, les restaurants, les hôtels et les parkings est prélevée en fonction du nombre d’employé-e-s. Cette taxe pèse donc sur le travail et sur l’emploi. Cela est plutôt étonnant puisque l’une des constatations qui a abouti à la création du «city management» est … la perte de près de 20% des emplois du commerce de détail entre 1985 et 2001. Cela l’est moins si l’on considère que les défenseurs des milieux économiques sont plus enclins à satisfaire les gros que les petits commerçants.

Le côté scandaleux de ce système de perception est magnifiquement bien illustré par cette déclaration de Frédéric Haenni à l’occasion de la récente assemblée de GastroVaud :

«Le système de taxe en fonction du nombre d’emplois est absolument scandaleux. Un artisan boulanger de Chailly, qui travaille avec son épouse et deux employés, paie quatre fois 240 francs par année, alors que le bijoutier de l’avenue de la Gare qui réalise un chiffre d’affaires multiple avec deux vendeuses se verrait soulagé de la moitié de ce montant et qu’un hôtel garni d’Ouchy en serait dispensé!». (24heures du 7 juin)

On ne saurait mieux dire !

Outre le fait que cette taxe touche directement l’emploi et absolument pas le bénéfice, il est encore plus scandaleux de constater la progression de cette taxe : un indépendant, seul sans employé paiera 240 francs par année ; un commerce employant 5 personnes 1160, un magasin de 50 personnes 10395 au-delà de 217 employé-e-s, la taxe est plafonnée à 16000 francs. Mais comme un dessin vaut mieux qu’un long discours, je vous encourage à cliquer sur l’image en haut à droite pour voir à quoi ressemble la courbe de progression de cette taxe.

À votre avis, à qui va profiter le «city management» ? Je vous laisse deviner. En tout cas une chose est certaine, je n’ai pas rencontré un seul petit commerçant qui ne soit pas remonté à bloc contre cette taxe, qui rappelons-le est issue des milieux économiques et a été soutenue par tous les partis, sauf «A Gauche toute!», lorsqu’elle a été votée au conseil communal.

Un dernier détail : Martine Fiora-Guttmann, la présidente de l’Association des Commerçants Lausannois (ACL), membre de Déclic, députée radicale et fervente défenderesse du « city management » serait propriétaire de l’Hôtel Crystal qui est un hôtel garni exempté de taxe … Amusant, non ?

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7 Réponses to “Le « city management » lausannois déclenche des « city grognements »”

  1. K.Mie Says:

    Et oui dans quel monde vivons nous on se le demande ??? Peut-être cher Alain as-tu pris connaissance d’une brochure pompeusement nommée « Lausanne by Night » sponsorisée en grande partie par des agences d’escort girls, à croire que le quidam qui vient visiter Lausanne n’est intéressé que par cette cul….ture!! L’Office du tourisme la distribuait( j’en parle à l’imparfait puisque Lausanne-Tourisme ne la distribue plus…elle ne correspondait pas au souhaits des clients….)en lieu et place d’une petite brochure nommée « Restaurants » dans laquelle le touriste trouvait beaucoup d’adresses de bistrots lausannois. Lesdits restos payaient un modeste écot pour figurer dans cette publication, qui a cessé d’exister par manque d’annonceurs. Ceux-ci préfèrent figurer dans ce torchon nommé plus haut, à l’oeil et financé par les « partouzeurs » de la ville qui, à en croire la quantité y figurent doivent faire de bonnes affaires. Le « City Management » devrait en prendre de la graine et prélever des taxes chez ces zigotos!!

  2. Alain Hubler Says:

    Coucou, c’est bien toi, toi qui a eu les tympans vrillés par les premières vocalises de Baba ?

    Quoi qu’il en soit, c’est quoi cette histoire de guide sponsorisé par des agences d’escort girls ? Je ne suis pas au courant. Tu as encore un exemplaire ?
    Sais-tu que la ville subventionne à hauteur de 2,4 millions par année Lausanne-Tourisme ? Si c’est pour qu’ils donnent une image pareille de Lausanne, il ne faut hésiter à m'(nous) avertir histoire que l’on demande des comptes à la municipalité.

  3. K.Mie Says:

    Miaou c’est bien moi…..
    Que je te rassure comme je l’ai dit LT ne distribue plus ce torchon! et c’est tant mieux.
    Je dois en avoir un qui traîne quelque part, mais en principe on devrait en trouver dans les restos et hôtels ?? je n’ai pas poussé plus loin. Cette publication avait pour ambition d’être mensuelle et ma foi si ça ne marche pas c’est vraiment bien fait pour eux! L’éditeur se nomme Maranga SA-Pascal Mandrini adresse mail : info@maranga.ch

  4. City obstination « Alain Hubler blogue Says:

    […] de concertation. Cette période de léthargie n’est guère étonnante puisque, malgré les «vives réactions», le conseil de fondation n’a pas jugé utile de se réunir durant l’été. On ne peut pas […]

  5. Alain Hubler blogue - City obstination Says:

    […] de léthargie n’est guère étonnante puisque, malgré les «vives réactions», le conseil de fondation n’a pas jugé utile de se réunir durant […]

  6. betty boop Says:

    Pas besoin d’être un as en informatique pour faire une recherche sur google et ainsi connaître un peu mieux qui est Mandrini Pascal [edit]propos passibles des poursuites pénales[/edit] La ville de Lausanne ne doit pas mélanger les torchons avec les serviettes BRAVO devant tant de déontologie

  7. Pascal Mandrini Says:

    Quelques lignes pour répondre aux vives critiques dont fait l’objet le « Lausanne by Night ».
    Ce guide des nuits lausannoises n’est plus édité, car contrairement à son alter égo genevois, le « Genève by Night », le succès n’a pas été au rendez-vous par manque d’annonceurs.
    Je tiens à préciser que l’édition de ce guide était totalement indépendante de Lausanne Tourisme, et que je n’ai à ce titre bénéficié d’aucunes aides ni soutiens de quelque sorte que ce soit de la municipalité Lausannoise ou de Lausanne Tourisme.
    Concernant, les pages « roses », sachez que dans le « Genève by Night » qui existe depuis 2005 et pour lequel le succès est au rendez-vous, je compte six pages mentionnant les escortes, agences d’escortes ou salons de massages. Celà représente 8% du nombre de pages du guide. En revanche, celà représente plus de 50% des recettes publicitaires dudit titre.
    Alors, sachez, que sans ces pages roses, un tel guide ne serait viable, et ne pourrait être édité. Ceci est la réalité du marché, et croyez moi, vu le succès du « Genève by Night » répond à une demande bien réelle.
    Quand au 92% des pages restantes, cette réalité me permet d’offrir des encarts publicitaires pour les commerçants locaux (restaurants, bars, discothèques, galeries d’art, théatres, cinémas …. ) à des prix très intéressants, de même d’offrir des emplacements gratuits pour promouvoir des évènements culturels, associatifs ou de bienfaisance.
    Pascal Mandrini

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