Subventions aux Docks : Lausanne joue l’inflation la raison

Les Docks selon BurkiC’est fou ce qu’un titre en première page d’un quotidien, celui qui héberge ce blogue, peut faire de dégâts. Surtout lorsqu’il est soutenu par un commentaire du rédacteur en chef adjoint qui ne va pas manquer d’inspirer la droite du conseil communal de Lausanne. Commentaire agrémenté de termes lourds de sens tels que «arrosoir», «chèque en blanc».

Supposons que vous soyez un cultivateur brésilien et qu’une multinationale, dont je tairai le nom, vous vous achète votre café. Du jour au lendemain Max Havelaar propose de vous payer votre café le double du montant qui a cours dans le système traditionnel. On parle de commerce équitable. Mais lorsque la subvention des Docks passe de 100’000 à 680’000 francs, on parle d’inflation. Allez comprendre ! Il est vrai que multiplier par sept, c’est plus que doubler, mais dans le cas des Docks on partait de beaucoup plus bas, de trop bas. On partait de trop bas, parce qu’un municipal avait fait croire ou/et avait crû pouvoir se payer Les Docks pour un bol de riz une poignée de café pas équitable du tout ! Et le conseil communal l’avait écouté, tout content de s’offrir une nouvelle institution culturelle à peu de frais.

Pas équitable du tout, parce que 100’000 francs de subvention pour une année de spectacles fréquentés par 30’000 personnes correspondent à environ 3 francs 30 par spectateur. Une subvention par ailleurs accompagnée de conditions, strictes et peu propices au business mais justifiées pour un lieu soutenu par les pouvoirs publics : promotion des groupes régionaux, ne pas pousser à la consommation au bar et pas de soirée DJ. Cette subvention n’était pas équitable aussi en comparaison de celles octroyées à d’autres institutions culturelles. Même si les conditions des différentes institutions ne sont pas comparables, je relèverai que l’Orchestre de chambre de Lausanne reçoit une subvention de 75 francs par spectateur ( 4,5 millions pour 60’000 spectateurs), que celle du Théâtre Boulimie est de 37 francs (355’000 francs pour 9499 spectateurs) et que celle de l’Opéra s’élève à 156 francs (6,5 millions pour 41’394 spectateurs).

Il n’est pas ici question de comparer l’incomparable, mais juste de mettre en perspective mon affirmation selon laquelle relever la subvention des Docks à 23 francs par spectateur (680’000 pour 30’000 spectateurs) n’est pas de l’inflation, mais juste de la raison. Cette nouvelle subvention est équitable.

Peut-être que Xavier Alonso aurait dû faire ces petits calculs avant de plonger sa plume souris – pauvre bête – dans le vitriol.

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