Tournesol à l’Agroscope

Oranges bleuesEn 1964, dans le film «Tintin et les oranges bleues», Félix Fernandez dans le rôle du professeur Tournesol s’enflammait :
«Je crois qu’il n’est pas trop ambitieux de dire que, dans une dizaine d’années, nous ferons pousser dans le sable non seulement des oranges bleues (…), mais toutes les grandes cultures indispensables à la vie de l’homme (…), le blé (…), la pomme de terre …».


En 2008, l’Université de Zurich et l’EPFZ comptent planter du blé génétiquement modifié afin de tester sa résistance au mildiou en plein champ. Mais, selon le gratuit 20minutes, «Les scientifiques souhaitent mesurer si le blé génétiquement modifié a un effet sur les organismes vivants dans le sol ou les insectes. Un croisement entre du blé et une plante sauvage permettra de tester la transmission des propriétés du génie génétique aux plantes.»

Ben voyons ! Et les scientistes voudraient que l’on soit rassurés. Ils désirent tester l’éventuelle transmission des gènes de ce blé à d’autres espèces et son effet sur l’environnement, en plein champ et au milieu de vignes expérimentales mais non transgéniques !
Une première question que l’on peut se poser est la suivante : qui paie cette étude et quel est son but exact. Un élément de réponse se trouve dans le bulletin n°27, décembre 2006, de StopOGM :

«D’après la Wochenzeitung du 23 novembre 2006, les experts du PNR (Programmes nationaux de recherche, ndlr) ont maintenant éliminé le principal projet qui traitait exclusivement de biosécurité. Le projet rival, proposé par une équipe de l’EPFZ dans laquelle on retrouve les techniciens qui avaient développé le blé kp4 disséminé à Lindau en 2004, a donc la voie libre pour utiliser une bonne partie des fonds de ce PNR et développer un blé transgénique résistant au mildiou… comme le kp4. Le moratoire ne sera pas du temps perdu pour tout le monde. Mais en saura-t-on davantage sur les risques que présentent les OGM ?»

Bref, il s’agit plus de business que de sécurité. Parlons alors un peu commerce. Quels sont les avantages des OGM pour les paysans et les consommateurs. À l’occasion d’un chat du journal Le Monde, Gilles-Eric Séralini, un scientifique critique professeur à l’Université de Caen, apporte quelques éléments de réponse.

Sur les avantages des OGM pour le consommateur :

«Pour l’instant, il n’y en a pas. Les deux types de plantes développés depuis vingt ans dans l’environnement sont là pour pouvoir absorber des désherbants sans mourir (près de 75 % des sojas et maïs OGM) et pour produire un insecticide (25 %, surtout dans le maïs). Et le maïs et le soja représentent plus de 80 % des OGM.»

Sur le rêve de lutter contre la faim dans le monde avec les OGM :

«Ces intérêts sont loin du consommateur. Ils risquent d’amplifier la famine dans le monde, car ce sont des produits alimentaires sous brevets. Les pays pauvres manquent, par exemple, de médicaments parce que ce sont des produits sous brevets. Contrôler de la même manière l’alimentation est très grave.»

Ce qui se trame dans les champs pulliérans n’est donc pas du tout anodin et Suzette Sandoz, l’ancienne conseillère nationale libérale a raison de relever, avec un sourire, «Mais j’aime autant que ce soit testé chez nous qu’ailleurs; comme ça, je pourrai les surveiller depuis mon jardin».

Mais il y a un problème de taille, vous savez, vous, Mme Sandoz, comment on «surveille» des OGM disséminés en plein champ ?

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