« Métamorph osons » Lausanne, mais pas n’importe comment

mob6_1176808845.jpgLa municipalité de Lausanne va sortir jeudi de ses tiroirs son projet « Métamorphose ». Cette éclosion aura lieu lors d’une séance publique à l’Aula des Cèdres et s’accompagnera pour les conseillers et conseillères communaux d’un préavis d’intention qui sera débattu lors d’une séance du conseil communal. Ces deux événements n’ont pas encore eu lieu que, déjà, on entend le scepticisme, voire la grogne croître ici et là. Il n’y a pas besoin d’être très attentif pour se rendre compte que la marmite à vapeur de l’urbanisme lausannois est déjà sous pression.

Il faut dire que le projet est ambitieux et touche plus ou moins directement une moitié de la ville et des communes voisines. Il y est question de centaines millions, de la démolition du Stade de la Pontaise, de la création d’un nouveau stade, avec piscine et galerie commerciale, à l’est de la Bourdonnette, du déplacement des jardins familiaux, de la création d’un éco-quartier à la Pontaise, de la création d’une nouvelle ligne de transport lourd. Bref, les grandes manœuvres, assorties, et ce n’est pas anodin, de la modification profonde du plan directeur de la commune.

La question que l’on peut se poser est la suivante : pourquoi le microcosme urbanistique de la ville est-il déjà en ébullition ? Pourquoi des sociétés de développement et des associations de défense du patrimoine construit sont-elles déjà en opposition avec certains contours de ce projet ? Pourquoi des architectes proposent-ils déjà des alternatives ? Pourquoi certains billets d’opinions remettent-ils déjà – et une fois de plus – en cause les choix de la municipalité ?

Par pur intérêt ? Par opposition gratuite et systématique ? Par intellectualisme débridé ? Par nostalgie rétrograde ? Celui ou celle qui penserait cela serait bien naïf ou méprisant. La raison est ailleurs. La raison est probablement ici : lorsque l’on désire mettre sens dessus dessous une ville, on y réfléchit avec tout ce que cette ville et les communes voisines comptent de personnes et associations concernées par l’urbanisme avant de faire des choix politiques. On ne se contente pas de dire, en substance, « notre choix est le suivant, vous pouvez discuter certains points – de détail ?-, mais il y a des choix non négociables ». A la limite, on lance des assises de l’urbanisme de la ville, on écoute, on recueille, on négocie, on digère les propositions, puis ensuite on présente son choix politique. Ce choix est ainsi partagé, voire porté par d’autres. C’est ce que l’on appelle la démocratie participative, la vraie.

Dans le cas contraire, sauf si le projet relève du génie, on prend le risque de s’exposer à un autre outil de la démocratie participative : le référendum populaire. Mais il est beaucoup moins constructif.

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