Le marché public au chef de la polcant est ouvert

de Quattro honteDepuis un mois, la presse – mais surtout 24 Heures -, le petit monde politique vaudois et les polices vaudoises et lausannoises ne parlent – presque – plus que de ça : les candidatures à la succession d’Eric Lehmann l’ancien chef de la police cantonale.

Depuis le 13 novembre dernier, nos canards favoris ont dressé une liste, pas forcément exhaustive, des prétendants possibles, au rang desquels on découvre, dès le lendemain du grand coup de balais, le juge d’instruction cantonal Jacques Antenen : «Pour le [successeur d’Eric Lehmann], le Conseil d’Etat se met en chasse, sans confirmer les rumeurs qui donnent favori le juge d’instruction cantonal Jacques Antenen.» (24 Heures du 13 novembre 2008).

Le lendemain, un nouvel article de 24 Heures dressait une courte listes des papables : Jacques Antenen et Denis Froidevaux, l’actuel secrétaire général du département dirigé par Jacqueline de Quattro. Ce dernier déclarait «Je ne réponds pas à cette question» de savoir s’il est candidat à la succession d’Eric Lehmann. Quant à lui, le premier finissait par déclarer «se poser sérieusement la question» et semblait recueillir l’appui de l’ancien chef de la police cantonale Pierre Aepli et de l’ancienne municipale de police lausannoise Doris Cohen-Dumani.

Enfin, le 20 novembre, un article du Temps consacré à la police unique vaudoise et au contre-projet à l’initiative d’Artagnan, on apprenait que le municipal de la sécurité et des sports lausannois Marc Vuilleumier ne serait pas contre la candidature de Gérald Hagenlocher et qu’il fait partie des papables.

Nous voilà donc avec trois candidatures plus ou moins assumées par les concernés. Puis silence radio jusqu’à samedi dernier, date à laquelle un article de 24 Heures s’étend sur les «plus» et les «moins», vus par la ministre de la sécurité et de l’environnement, de deux candidatures : celles d’Antenen et d’Hagenlocher. Le troisième larron a disparu du top three et a, semble-t-il, bien fait de ne rien dire sur le sujet.

Tout se passe donc comme si les présélections pour le poste de premier flic du canton avait lieu de manière publique. Et cette publicité ne plaît pas à tout le monde : chacun y va de sa petite remarque, du président du Conseil d’Etat aux députés UDC. De «No comment.» à «Cela ne m’empêche pas de penser» en passant par «Est-il nécessaire de mettre ce poste au concours et ainsi dépenser l’argent des contribuables, si la cheffe de la Sécurité a déjà choisi le futur commandant?»

Et la pauvre Jacqueline, vraiment ou faussement ingénue, de déclarer : «Je me suis fait avoir. (Soupir) J’en ai ma claque qu’on se jette sur une gaffe, plutôt que de commenter le gros travail qui vient d’être fait, et présenté il y a dix jours, pour trouver une solution à la réforme du système policier vaudois.» Pour faire bon poids, le quotidien vaudois nous gratifie en première page d’une photo de la ministre les yeux baissés comme si elle avait fait la bêtise de sa vie et comme si elle s’apprêtait à recevoir la correction du siècle par le président Broulis, tapi dans le flou de l’arrière-plan.

Las.

Personnellement, je ne vois pas de raison pour la ministre radicale de battre sa coulpe. Je trouve même plutôt bien qu’elle fasse état publiquement des avantages et des inconvénients de l’une ou l’autre des candidatures, surtout si celles-ci ont un rapport avec le poste à repourvoir. Si pour une fois les choses se passent de manière un peu transparente lors du choix des grands commis de l’Etat, ce n’est pas moi qui vais me plaindre.

Une chose est certaine, j’aime mieux être au courant des critères de choix avant que l’on apprenne, au détour d’un communiqué de presse que le conseil d’Etat a choisi un ancien journaliste devenu marchand de pinard et issu du même parti que son ministre de tutelle.

Et puis si on n’est pas d’accord avec le pré-tri de la magistrate ou avec ses critères, on peut au moins le lui dire ou même lui passer une bordée, pas sur la forme, mais sur le fond. Ça changerait un peu.

Ce déballage public me rassure pour une troisième raison : on a toutes les chances de ne pas s’offrir un remake et se retrouver avec, par exemple, une étoile médiatique, du genre Pascal Décaillet, comme chef de la police cantonale ! C’est déjà ça de pris.

  • Crédit photographique : ©Patrick Martin, 24 Heures.

P.S. Etrange, depuis que j’ai commencé à écrire ce billet, il neige comme jamais. Aurais-je détraqué le temps ?

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