Dans un monde où tout va très - trop - vite, on commence en entendre parler par-ci, par-là de ralentir, ou du moins, de freiner.
Explosion du prix du pétrole et des carburants pour véhicules oblige, certains commencent à se dire qu’il serait bien de ralentir un peu le rythme.
C’est ainsi que, sur le lac Léman, la Compagnie générale de navigation (CGN) envisage de diminuer la vitesse de ses prestigieux bateaux à vapeur de 25 km/h à 15 km/h.
Dans Le Monde de ce jour, un article explique que, d’ici 2040, nos cieux risquent bien d’être parsemés de paisibles et lents géants : les dirigeables. Pour le conseiller régional Vert de l’Ile-de-France Jean-Marc Brulé qui a commandé une étude sur les dirigeables gros porteurs capables de transporter plus de cent tonnes : «On entre dans la société de la lenteur».
Toujours chez nos voisins de l’hexagone, de grandes enseignes de la distribution, telles qu’Auchan, Carrefour, Ikea ou Leroy-Merlin viennent de signer un accord avec la préfecture du Rhône pour transférer dans les prochaines semaines 16000 tonnes, soit l’équivalent de 2000 camions, de la route vers les voies fluviales. Les péniches sont plus lentes, mais économisent de grandes quantités de CO2 et sont sans doute profitable à l’image de l’entreprise.
Il n’y a pas de miracle, la vitesse nécessite de l’énergie, donc du pétrole. Et le pétrole : on commence à s’inquiéter de son manque.
On s’inquiète de son manque, mais pas partout. En tout cas pas au Conseil national ou, en 2004, Josef Zisyadis avait déposé une Initiative parlementaire intitulée «Canal Rhin-Rhône» qui a été balayée par 131 voix contre 25 avec la bénédiction de la Commission des transports et des télécommunications. En parallèle, plusieurs terrains, déclarés inconstructibles pour garantir le tracé du canal, ont été déclassés.
De ce fait le projet de canal Rhin-Rhône a pris l’eau.
Mais qui sait, il est peut-être susceptible de ressurgir pour une raison plus impérative que les éventuelles atteintes écologiques d’un projet de cette envergure : la nécessité de ralentir.
Personnellement cette notion de ralenti, cette nécessité de freiner, ça me parle. Pas vous ?
- Crédit photographique : ouhdeyeah sous licence Creative Commons.









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C’est en Normandie, c’est à Cabourg.
http://anarchiland.ifrance.com/
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Voilà, voilà …
Le «Canal Rhin-Rhône»? Il aurait dû être fait dans les années 60, voire même avant. On en parlait déjà depuis longtemps et beaucoup de gens savaient que c’était une bonne solution. Aujourd’hui à plus forte raison. Il y a donc eu en 2004, au Conseil national 131 imbéciles (hommes et femmes)….J’suis pas très étonnée!
La lenteur…Quel délice! comme retirer des chaussures qui vous font mal…
Merci pour cet article qui met la puce à l’oreille. Et effectivement, la lenteur ça parle. Cependant il semble que de multiples interrogations se posent.
Pour moi la première est de savoir quel est l’intérêt de faire un canal en Suisse s’il existe déjà une liaison en France voisine ? D’après ce que j’ai compris, celle-ci n’est pas à gabarit pour les plus gros tonnages mais elle existe.
Ensuite après un butinage de quelques instants de nombreux sites en soulèves d’autres. En premier le parti écolo alsacien ( http://www.lesverts-conseilregionalalsace.org/communiques_presse/cp_2006_04_13.htm ) et à sa tête Mme Voynet (auteure des funérailles du projet français de mise à gabarit en 1997 sous le gouvernement Jospin) ( http://dominiquevoynet.net/article.php3?id_article=160 ) dénoncent avec véhémence l’incohérence écologique du projet et son incongruité en terme de retour sur investissement, en comparaison du ferroutage, du strict point de vue des capacités de transport. Certes votre propos est un éloge de la lenteur, mais cela n’empêche de demeurer pragmatiques.
Vous parlez, s’agissant de l’impact écologique, “d’éventuelles atteintes”, mais celles-ci sont pourtant évidentes (parmi tant d’autres pas toujours pertinentes mentionnées sur cette page: http://www.rivernet.org/rhinrhon/rhrho1_f.htm ):
- problèmes hydrologiques, en particulier d’alimentation du réseau d’eau potable du fait de la canalisation des cours d’eau
- atteintes à la faune, à la flore et au paysage
Ma science ne me permet pas de surmonter ces obstacles. Il existe peut-être des manières d’”aménager naturellement” ces voies fluviales.
En tous cas ce projet ne fait pas non plus l’unanimité en France ( http://www.humanite.fr/1995-04-03_Articles_-Manif-contre-le-grand-canal-Rhin-Rhone ).
Enfin se pose la question du coût. Non pas de savoir si le projet est rentable, mais s’il est finançable. En effet, certaines estimation parlent de près de 50 mia de francs français. Le tracé français étant notablement plus cours que celui envisagé en Suisse et existant pour l’essentiel ne nécessiterait que des aménagements. Le besoin d’une 3e voie CFF Lausanne-Genève par exemple n’est-il pas plus prégnant ?
NB: le conseil national s’est prononcé en 2006 à un moment où le seul argument avancé par la commission contre le projet en 2004, à savoir la renonciation à la mise à gabarit côté français, n’était plus valable celle-ci ayant été relancé par le gouvernement Villepin.
Bonjour Yamin, désolé de mettre en ligne votre commentaire qu’aujourd’hui, mais il avait été filtré par Akismet …
Merci aussi pour vos remarques pertinentes. Mon propos était juste de nous interroger sur la lenteur en général et de remarquer que l’abandon de la liaison Rhin-Rhône était plus un à priori politique que le résultat d’une étude scientifique et économique.
Pour ce qui concerne le saccage des vallées par la mise en place d’un canal, je suis sceptique, notamment quand je contemple les ouvrages d’art des lignes TGV.