Les liaisons dangereuses
3 février 2008 par Alain Hubler
Celles et ceux dont la libido aura été titillée par l’article du Matin Bleu signé Sarah Pernet et titré «Une conseillère municipale genevoise nue sur scène» seront déçus.
Hier soir, je piaffais d’impatience à l’idée d’aller voir au Pulloff théâtres Les liaisons dangereuses de Christopher Hampton dans une mise en scène de Jean-Gabriel Chobaz.
Il faut dire que la motivation était grande : voir la comédienne Maria Pérez, ma collègue genevoise de parti, nue sur scène. Une politicienne nue ! Voilà qui alimente les plus grands fantasmes, non ?
En plus, vous pensez bien que ce n’est pas tous les jours que l’on voit une conseillère municipale - ou communale - dans le plus simple appareil, que ce soit à Genève ou à Lausanne.
Nue la conseillère municipale ? Mon œil !
Juste un bout de sein, et encore tout vérolé - de maquillage - parce que Madame de Merteuil, grande libertine devant l’Eternel, est, comme il se doit, ravagée par la syphilis.
Voilà ce qui arrive quand le Matin Bleu simule un soudain intérêt pour la culture. Voilà ce qui arrive quand une journaliste écrit un article sur un spectacle qu’elle n’a pas vu. Voilà ce qui arrive quand on veut attirer le pigeon vers les caissettes bleues qui vomissent leurs flots de papiers à épluchures. Voilà ce qui arrive quand on fait du gratuit dans tous les sens du terme.
Le bilan de cette histoire est que les liaisons dangereuses ne sont pas seulement sur scène. Elles sont aussi dans ce mercantile amalgame créé de toutes pièces par un article qui jette le discrédit à la fois sur la politique et sur le théâtre.
Tout compte fait, Le Matin Bleu est probablement l’ultime victime de la vérole de Madame de Merteuil.
Ah ! J’oubliais une dernière chose : le spectacle est excellent d’un bout à l’autre, tout comme les comédiens et comédiennes ainsi que la mise en scène. Mais ça, Le Matin Bleu s’en fiche éperdument.










Les liaisons dangereuses
Celles et ceux dont la libido aura été titillée par l’article du Matin Bleu signé Sarah Pernet et titré «Une conseillère municipale genevoise nue sur scène» seront déçus.
le Matin devrait être bleu de honte et se prendre par la peau du cou pour tenter d’exister avec de vrais sujets
Qui se souvient de la rubrique de Cavanna dans Charlie Hebdo (le vrai, pas la pâle copie jaunâtre d’aujourd’hui): “Je l’ai pas lu, je l’ai pas vu, mais j’en cause”?
Il faudrait mettre en évidence chaque fois que nous le pouvons le fait que les journalistes, pressés comme des citrons à faire vite, vite, et d’ailleurs pourquoi se fatiguer plus, “on a déjà donné”, parlent de ce qu’ils n’ont pas vu, pas lu et, évidemment, pas compris. Et quand, sans se fatiguer à lire, voir, comprendre, il y a de la fesse, pour le rédac chef, c’est l’orgasme!
Donc il est vraiment bien, ce “pestacle”?
Oui, oui Aline, ce “pestacle” est vraiment bien.
Un traitement plus esthétique que social ou politique, mais très bien.
J’ai notamment trouvé extra la prestation de Cécile, jouée par Caroline Althaus.
Il faut y aller !
aaah je n’ai pas vu cet article dans le matin bleu… peut-être simplement parce que les quotidiens gratuits je ne les lis pas (enfin plus)…. J’ai une très joli bibliothèque que j’alimente chaque mois de plusieurs bon livres et la réalité littéraire mais bien plus agréable que la “réalité” journalistique.
Oui, c’est le sensationnel plus que la qualité d’un événement culturel qui fait la différence dans les médias, surtout les gratuits.
D’ailleurs, je connais une journaliste occasionnelle du 20 minutes qui trouve même normal d’écrire un article seulement d’après le dossier de presse. Pas le temps de tout aller voir, y paraît. C’est vrai qu’à CHF 20.- de l’heure… MAIS les “pestacles” sont offerts avec des backstages en veux-tu en voilà! J’en connais qui paierait pour ça
Et, trois fois oui, la pièce est extra! A propos si un article d’une bénévole étudiante sur le sujet vous intéresse… repassez à cette adresse prochainement: http://www.auditoire.ch
Cette pièce est magnifiquement mise en scène, j’ai juste adoré.