C’est dans sa nature
1 février 2008 par Alain Hubler
Quand un agriculteur UDC parle de forfaits fiscaux, il fait appel à toute son expérience d’homme proche de la nature.
Il met en branle toutes les connaissances que les hommes et les femmes ont accumulées depuis quelque 10′000 ans qu’ils grattent la terre pour en tirer de quoi se nourrir pour vivre, penser, lire, écrire, expérimenter, découvrir, inventer … exister quoi.
Et même faire de la politique.
Pendant toutes ces années, l’agricosapiens a passé son temps à modeler la terre, les végétaux et les animaux, avec plus ou moins de respect, pour en tirer de quoi se nourrir.
Pendant tout ce temps, les hommes et les femmes n’ont eu de cesse d’infléchir, de façonner, de maîtriser la nature pour qu’elle se montre la plus généreuse possible.
Et puis un jour, le 23 octobre dernier, Jean-Luc Chollet, conseiller communal lausannois de l’aile agrarienne de l’UDC et agricosapiens de son état, est monté au perchoir pour parler de la nature fiscale de l’homme.
Cela donne ceci :
Vous ne pouvez pas à la fois détester les riches et aimer l’argent qu’ils laissent. En effet, sur le plan philosophique, il peut y avoir quelque chose de choquant à constater que ces personnes disposent de biens et de revenus en abondance. Il ne nous appartient pas de savoir dans quelle mesure ils se sont acquittés partiellement, totalement ou insuffisamment de ce qu’ils doivent payer dans les pays où s’est formé leur revenu. Ce qui compte, c’est que s’ils ne gagnent rien chez nous, ils sont imposés sur Fr. 120′000.– pour une personne seule, Fr. 150′000.– pour un couple. On peut discuter si c’est trop ou trop peu. Je constate que les riches sont très mobiles, alors que les pauvres le sont moins. Finalement, c’est une loi de la nature: il est connu depuis longtemps que, comme en forêt, les petits poussent à l’ombre des gros. Avant de vouloir éradiquer les gros, pensons aussi aux petits.
Pour Jean-Luc Chollet, c’est une évidence : si on riche, c’est la nature. On ne peut rien y faire. Le corollaire tombe sous le sens. Si on est pauvre, c’est la nature. Il ne faut donc rien y faire. C’est comme ça, il n’y a pas à discuter, il faut laisser les gros arbres pousser au-dessus des petits.
Mais il y a un «détail» que notre agricosapiens devrait connaître : sans coupe sélective, les gros arbres deviennent trop grands et étouffent les petits parce qu’ils ne voient alors plus la lumière.
Entre la coupe claire et l’abandon de la forêt, il y a un juste milieu que notre agricosapiens UDC n’a pas, ou pas voulu, voir.
Dommage pour lui, pour la forêt et pour la nature.
- Crédit photographique : meantux sous licence Creative Commons.










C’est dans sa nature
Quand un agriculteur UDC parle de forfaits fiscaux, il fait appel à toute son expérience d’homme proche de la nature.
Sapiens sapiens …agrico d’accord, mais pas très sapiens le Chollet de service. Disonsqu’il est plutôt pour les coupes sombres.
Kalvin, il faut savoir que ce conseiller communal aime bien invoquer le “bon sens paysan” à la tribune. Je trouve que le surnom lui va comme un gant