Pain pour le prochain et Action de carême ont décidé d’agir au travers de la campagne High Tech - No Rights ? contre les conditions de travail scandaleuses que vivent celles (surtout) et ceux qui travaillent à la confection de nos ordinateurs.
Du coup, la conseillère communale socialiste Florence Germond a eu l’excellente idée de demander à la municipalité de Lausanne si elle était au courant de cette action et des résultats de l’étude portant sur les conditions de travail dans les usines d’ordinateurs. Elle a aussi demandé si la municipalité entendait contacter son fournisseur pour s’assurer du respect et de la mise en œuvre des droits fondamentaux du travail sur toute la chaîne de production comme le suggère la campagne.
Autant de bonnes questions qui demandaient évidemment une réponse circonstanciée dont voici quelques extraits pour le moins décevants.
La Municipalité a pris acte des conclusions de l’enquête patronnée par Pain pour le prochain et Action de carême, qui lui inspirent les réflexions et commentaires suivants:
Selon les conclusions de l’étude, aucun fabricant n’est exemplaire, tous étant critiquables à des degrés divers. Ceci étant, le matériel qui équipe les fonctionnaires lausannois serait, tout à fait fortuitement, celui qui est produit dans les conditions les moins “scandaleuses”.
(…)
Le sens des proportions impose de considérer comme minimes les quantités acquises par la Ville de Lausanne. Celles-ci ne sont objectivement pas suffisantes pour influencer la politique menée par les constructeurs à l’endroit de leurs employé-e-s. Les acquisitions annuelles complémentaires ne dépassent guère, en moyenne, une soixantaine de machines.
Par ailleurs, la Municipalité ne maîtrise pas le droit du travail des divers pays de production et ne dispose d’aucun moyen de vérifier par elle-même la mise en œuvre de dispositions conformes à ses principes, si celles-ci étaient promises.
La municipalité conclut ainsi :
La Municipalité n’estime pas être en mesure de reprendre à son compte les conclusions de l’enquête de Pain pour le prochain et d’Action de Carême, tout en regrettant que les conditions de travail qui prévalent sur les sites de production ne soient sans doute pas à la hauteur des principes de l’Organisation Internationale du Travail et de ceux qu’elle défend.
Dans la perspective du prochain renouvellement du parc, la Municipalité continuera donc de faire jouer la concurrence. Le prix demeure en effet, en dehors de tout autre élément d’appréciation objectivement et universellement quantifiable, un critère de choix prépondérant. Toutefois, l’opportunité d’introduire un critère de sélection portant sur la qualité des conditions de travail sur les sites de production sera étudiée au moment opportun mais demeure réservée à ce jour.
(…)
Puisque aucun fabriquant n’est à même de constituer une alternative, la Municipalité estime qu’il serait improductif et inapproprié de faire pression sur son actuel fournisseur, celui-ci ayant par ailleurs été sélectionné en son temps dans le cadre d’un marché public, essentiellement sur la base de ses conditions commerciales avantageuses.
En clair, la municipalité de Lausanne n’entend pas faire quoique ce soit pour s’engager dans le sens de la défense des conditions de travail de celles et ceux qui fabriquent les composants des ordinateurs que la ville de Lausanne utilise. Elle affirme clairement que le facteur déterminant - le seul ? - dans l’achat de son matériel informatique est le prix. Elle laisse aussi entendre que faire pression sur ses fournisseurs pourrait froisser ces derniers qui en profiteraient peut-être pour faire payer le prix de cet affront à la ville …
Cette attitude pour le moins tiède et bassement mercantile est bien regrettable scandaleuse. D’autant plus scandaleuse et à contre-courant que le canton de Vaud entend bien, par son ministre des infrastructures François Marthaler «intégrer les critères sociaux lors de futurs achats publics d’ordinateurs». À mon avis, il serait judicieux que le Vert François Marthaler prenne son meilleur téléphone pour secouer un peu son collègue de parti, le syndic Daniel Brélaz, et que, pourquoi pas, la ville de Lausanne et le canton de Vaud s’allient pour faire pression sur leurs fournisseurs d’ordinateurs.
Une dernière chose. À lire les réponses aux questions de Florence Germond, on constate que le seul souci de la municipalité est d’acheter ses ordinateurs au meilleur prix, paramètre qu’elle estime le seul «critère objectif». Le respect des Conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui prévoient l’interdiction du travail forcé (conventions No 29 et 105), la non-discrimination (conventions No 100 et 111), l’interdiction du travail des enfants (conventions No 138 et 182) et la liberté d’association et le droit à la négociation collective sont aussi des «critères objectifs», pas vrai M. Le Syndic ?









Campagne « High tech - no rights ? » : Lausanne s’en fiche
La municipalité de Lausanne est insensible à la campagne "Fair computer" qui lutte contre les conditions de travail scandaleuses que vivent celles et ceux qui travaillent à la confection de nos ordinateurs.
M. le Syndic s’est fait élire sur la base d’un programme “vert”, avec défense de l’écologie, développement durable et économie d’énergie, non? Y aurait-il un “avant” et un “après” élection?