Comme on pouvait s’y attendre, les organisations patronales vaudoises ont lancé le combat contre l’initiative populaire cantonale «2 janvier et lundi de Pentecôte, jours fériés pour toutes et tous !». Cette initiative vise à inscrire dans la loi une pratique largement répandue depuis des lustres, mais qui a tendance à se dissoudre dans la volonté conquérante des grands commerces de détail : les féries de Pentecôte et du 2 janvier.
Depuis quelques années, les commerces des grandes chaînes de distribution, appelons les Migroop, tentent de s’engouffrer dans des brèches créées par des règlements communaux autorisant l’ouverture des magasins ces jours-là. Et cela marche ! C’est ainsi que certaines communes autorisent l’ouverture des magasins l’un ou l’autre jour et d’autres pas. C’est ce qui permet à ces grands commerçants de revendiquer la fameuse « égalité de traitement » pour obtenir une généralisation de l’ouverture des magasins le 2 janvier et-ou le lundi de Pentecôte.
Dans l’argumentation patronale, relayée par la Chambre vaudoise du commerce (CVCI), on relèvera deux points à mon avis particulièrement exécrables.
Selon eux : «avec l’initiative, ces employés ne pourraient plus compter sur ces compléments de salaire, pourtant particulièrement appréciables dans des secteurs où la rémunération est inférieure à la moyenne helvétique.»
C’est pratiquement un aveu : Migroop et les autres commerces de détail paient tellement mal leurs employé-e-s que les faire travailler ces jours-là est indispensable pour leur permettre de survivre. La CVCI ou-et le Centre patronal ne feraient-ils pas mieux d’envisager l’établissement d’une convention collective proposant un minimum salarial plus élevé ? On peut rêver …
Toujours eux : «L’afflux de clientèle enregistré par les magasins, notamment le 2 janvier et les samedis, ainsi que le succès croissant des centres commerciaux, sont révélateurs d’un changement de comportement des consommateurs : l’achat n’est plus seulement une nécessité, il est devenu un loisir. » Ainsi, pour eux, la consommation est devenue un loisir. Ou du moins, c’est ce qu’ils essaient de faire croire. Parce que, finalement, si l’on convainc la population que faire les courses est un loisir, les courses se feront avec encore plus de plaisir et d’avidité et les caisses des grands magasins se rempliront d’autant plus. Tant pis pour la vie de famille, sociale et les vrais loisirs, tant pis pour les petits commerces, tant pis pour les loisirs des vendeurs et des vendeuses pourvu que la machine économique continue à tourner à plein régime.
Et si vous envisagiez, vous représentant-e-s des organisations économiques, une idée toute simple : 1 heure par semaine, sur temps de travail, donc payée, accordée à chaque vaudois-e pour aller faire ses courses. On serait encore loin de la semaine de 35 heures qui vous horripile tant et votre machine économique en serait rassasiée. On peut fantasmer …
En attendant un, illusoire, bon mouvement des organisations patronales, mieux vaut être prudent et voter OUI à l’initiative «2 janvier et lundi de Pentecôte, jours fériés pour toutes et tous !».





